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L’odeur de la nourriture stimulerait l’impulsivité des enfants obèses

Selon une étude mexicaine l’odeur de nourriture activerait la zone du cerveau associée à l’impulsivité chez les enfants obèses. Les chercheurs de l’hôpital pour enfants Frederico Gomez de Mexico (Mexique) ont suivi 30 garçons et filles âgés de 6 à 10 ans. La moitié des petits volontaires présentaient un indice de masse corporel (IMC) normal (entre 19 et 24), alors que l’autre partie du groupe avait un IMC supérieur à 30.

Comprendre les mécanismes cérébraux et ainsi lutter contre ce fléau

Aux États-Unis, 127 millions d’enfants sont obèses selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et donc plus à risque de développer un diabète de type 2, une hypertension artérielle ou une maladie cardiovasculaire à l’âge adulte.

Pour mieux comprendre les mécanismes cérébraux en cause et ainsi lutter contre ce fléau, une équipe de chercheurs de l’hôpital d’enfants Frederico Gomez de Mexico (Mexique) a suivi 30 enfants âgés de 6 à 10 ans. La moitié d’entre eux avait un indice de masse corporel (IMC) normal (compris entre 19 et 24), tandis que l’autre moitié du groupe était considérée comme obèse (IMC supérieur à 30).

La zone du cerveau reliée à l’impulsivité était activée lors des stimuli alimentaires olfactifs

Chaque enfant a ensuite été exposé à 3 échantillons d’odeurs de chocolat, d’oignon et une odeur neutre (de l’acétone diluée). Les chercheurs ont utilisé 2 techniques différentes d’IRM (IRMf et fcMRI) pour mesurer l’activité cérébrale des participants alors qu’ils étaient en train de respirer les odeurs.

Les clichés obtenus révèlent que, chez les enfants obèses, la zone du cerveau reliée à l’impulsivité et au développement des troubles obsessionnels compulsifs était activée lors des stimuli alimentaires olfactifs.

A contrario, la zone de contrôle des émotions était, elle, désactivée, tout comme celles en lien avec le circuit de récompense, de l’organisation et de la planification. Chez les enfants de corpulence normale, ces zones cérébrales devenaient actives lorsqu’elles étaient stimulées par les odeurs.

Des différences de connectivité entre les enfants obèses et ceux d’un poids normal

Les chercheurs ont également constaté sur les clichés cérébraux obtenus que lorsque les enfants à l’IMC standard étaient soumis aux odeurs d’oignons, une connexion s’établissait entre le cortex gustatif (qui a trait au gout et aux saveurs), et la zone cérébrale liée au circuit de récompense. Or, cette connexion n’intervenait pas lorsque les participants obèses étaient exposés à ces mêmes stimuli.

Des différences de connectivité étaient également notables entre les enfants obèses et ceux d’un poids normal lorsqu’ils étaient soumis à l’odeur de chocolat.

L’impulsivité, plutôt que le circuit de récompense ou le plaisir est donc la première réaction en cause qui a pu être observée lorsque les enfants obèses étaient soumis à différentes odeurs. Les scientifiques concluent donc à des dérèglements dans les réponses neurologiques à partir de stimuli alimentaires olfactifs.

« Cette étude nous a permis de mieux comprendre que l’obésité a une composante de trouble neurologique et cette découverte est susceptible d’influencer le traitement des patients obèses » explique Pilar Dies-Suarez, médecin radiologue en chef à l’hôpital d’enfants de Mexico.

Cette étude a été présentée à la réunion annuelle de la Radiological Society of North America (RSNA) le 24 octobre dernier à Chicago (États-Unis).

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Stéphane
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